La journée d'un enfant Talibé
La journée d’un enfant talibé
« Nous nous réveillons tôt le matin. Après la prière, nous apprenons nos versets coraniques sous l’œil vigilant de nos aînés. Vers 7 heures, nous prenons nos boîtes pour aller mendier jusqu’à 10 heures. A ce moment, nous revenons pour apprendre. Mais chacun doit revenir avec 250 F cfa (0,40) pour le marabout. (La somme varie suivant l’âge).
A midi, il faut repartir mendier de quoi manger… Comme aujourd’hui, c’est vendredi, les plus grands vont dans les grandes mosquées pour avoir beaucoup d’argent à verser au marabout. Parfois, je quitte la banlieue pour venir mendier jusqu’au grand garage. Là bas, je connais beaucoup de femmes qui tiennent des gargotes, elles donnent à manger quand je les débarrasse de leurs eaux usées et ordures. »
Qui est le marabout ?
Traditionnellement, le marabout est respecté car il conait le Coran parfaitement, ce qui en fait un homme dont la parole n’est jamais remise en cause dans la communauté musulmane. Il est gardien de la foi et guide spirituel des populations qui vont le voir pour des questions de tous ordres.
Mais l‘arrivée de la société de consommation change les attitudes, les habitudes et les relations sociales. Aussi les marabouts sont poussés à utiliser leur activité pour en tirer profit.
Dans les faits, le statut des marabouts n’est ni réglementé, ni reconnu officiellement. N’importe qui peut se donner le titre de « maître coranique ». D’où cette prolifération de « faux marabouts » qui ont pour principale activité de diriger leur petite entreprise d’enfants mendiants.





